Dès le départ sur le parking forestier de l’Embellie, notre attention est alertée sur ce qui sera le thème prévalent de notre sortie : la modification du trait de côte et son impact sur les dunes côtières.
Le sentier qui conduit jusqu’à la mer nous permet de découvrir (ou de redécouvrir) les différentes strates de végétation :
Pins maritimes que l’on ne présente plus, chênes verts (quercus ilex, le chêne à feuilles de houx au feuillage persistant), robiniers faux acacias (à noter que ce bois très dur et imputrescible commence à être utilisé pour la fabrication de meubles de jardin) sur la dune forestière. Des arbustes comme le sainbois (daphne gnidium), le troène, l’ajonc et le genêt occupent le sous-bois.

 | Les pins sont actuellement en pleine période de reproduction. Les chatons mâles laissent s’envoler des nuages de pollen jaune. Les fleurs femelles qui donneront les pommes de pins sont plus discrètes et se présentent comme des petites excroissances rouges en bout de branches. Le pollen de pin maritime n’est pas allergène, heureusement. |

Plus on approche du rivage, plus les conditions deviennent difficiles pour la végétation. Nous arrivons sur la dune blanche : Les oyats (gourbets, Ammophila arenaria) sont majoritaires. Eric nous montre la structure particulière d’une feuille d’oyat qui se replie autour d’un sillon central afin de mieux récupérer l’eau de pluie et diminuer l’évaporation, et qui s’épanouit en situation favorable pour favoriser la photosynthèse. L’oyat est primordial pour fixer la dune : ensablé, le pied émet de nouveaux rejets par-dessus le pied existant ; son système racinaire est également très important. D’autres plantes contribuent aussi à fixation du sable. Citons les principales : le panicaut de mer (chardon bleu, Eryngium maritimum), l’euphorbe maritime (Euphorbia paralias), le liseron des sables (calistegia soldanella).

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Nous nous trouvons face à l’Ile d’Oléron dans une zone de déplétion. La pointe de Gatseau sur l’Ile a été fortement érodée il y a quelques années, et le phénomène continue des deux côtés du pertuis de Maumusson. Le sable se dépose à l’entrée du Pertuis ou en prolongement de la Pointe Espagnole. Les déferlantes qui barrent le pertuis ne laissent aucun doute sur la présence de hauts fonds.

Nous longeons la plage en direction de la Pointe Espagnole, avec des pauses pour écouter lex explications d’Eric avant de nous enfoncer à nouveau dans la forêt.
Nous arrivons sur la Tranchée des Lézards, ce qui nous permet d’admirer notre orchidée locale, le céphalanthère à longues feuilles (cephalanthera longifolia), ainsi que plusieurs pieds de sceau de Salomon (polygonatum multiflorum).

Le sable laissé à nu convient également au liondent (Leontodon taraxacoides), dont le feuillage et les fleurs jaunes rappellent ceux du pissenlit.
Après un dénivelé assez raide on se retrouve en surplomb de la plage, là où la carte IGN nous situe à une centaine de mètres plus à l’intérieur. Le panorama est superbe, d’autant plus que la luminosité est exceptionnelle. Des paysages qui n’ont rien à envier aux mers du sud !


Des pancartes attirent l’attention du promeneur sur les risques d’éboulement. Il ne faut pas gambader dans le secteur.

De nouveau en forêt, après une petite ascension qui titille les mollets, le sentier serpente sur la crête d’une dune qui a été fortement érodée de chaque côté.
De là, le moutonnement des pins jusqu’à l’horizon pourrait faire oublier toutes les menaces qui pèsent sur notre forêt : sans reparler de l’évolution du trait de côte, la surfréquentation touristique avec ses nuisances (piétinement, motos, quads), les besoins d’infrastructures qui l’accompagnent (agrandissement et augmentation des parkings forestiers) et les aménagements futurs du territoire (rocade de Ronce) requièrent de notre part la plus haute vigilance si nous voulons que d’autres après nous puissent profiter de ces mêmes paysages.

Dernière curiosité avant de regagner les voitures : les restes d’un dépeçage en bonne et due forme d’un tronc de pin mort, sans doute colonisé par de savoureuses larves d’insectes. Les gourmets ? les sangliers, bien sûr !

Merci à Eric pour ce superbe itinéraire.
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