La migration des oiseaux, levons le voile sur ce mystère pour les 25 personnes présentes à cette sortie dans la baie de Bonne Anse.
Le temps n'était pas vraiment de la partie, ciel couvert, pas de vent donnant un ressenti relativement doux , mais le manque de lumière ne facilitait pas l'observation lointaine.
Tout d'abord, Eric nous a rappelé l'histoire de la baie qui s'est constituée derrière le cordon dunaire littoral au fil des années. Les alluvions de la Dordogne et de la Garonne portées jusqu'à la mer par la Gironde, ont petit à petit trouvé refuge dans la baie de Bonne Anse. Plusieurs conséquences en découlent :
- un comblement par l'apport de sédiments
- l'apport d'oligo-éléments favorisant l'éclosion d'une chaîne alimentaire riche (espèces végétales et animales) véritable garde-manger pour les coquillages, poissons et oiseaux.
- l'apport également de polluants lourds (métaux lourds : cadmium, etc...) se concentrant dans les sédiments(vases). Ces résidus d'une ancienne exploitation minière lavés par les pluies se retrouvent par ruissellement dans les rivières, jusqu'à la mer. Ceci explique l'interdiction de ramassage des coquillages (palourdes, coques) lorsque les concentrations excèdent les normes admises.
Cette situation évolue sans cesse, des herbiers se forment, fixent à leur tour le sable emporté par le vent ; ces couches successives comblent la baie qui, dans plusieurs années, pourrait se transformer en marais (exemple du marais de BROUAGE).
Au début de l'après-midi, peu d'oiseaux sont visibles, en fait la marée n'est pas assez haute et les oiseaux (limicoles) qui picorent les pieds dans l'eau sont trop loin pour que l'on puisse les observer. Qu'à celà tienne, nous nous approchons de l'eau au travers d'une étendue vaseuse et parsemée de plantes: asters maritimes, mousses et lichens. Le terrain est très glissant et seulement les plus hardis (et mieux chaussés) se hasardent pour observer d'un peu plus près les oiseaux.
Mais oui, il y en a et beaucoup même; le jeu des devinettes commence pour les identifier à l'aide des jumelles et des appareils photo à fort grossissement.
Quelques informations sur la migration des espèces qui pour faire ces longs trajets (plusieurs milliers de km) s'arrêtent dans des zones riches en nourriture et sûres pour se reconstituer et se reposer. La Baie de Bonne Anse est une excellente étape ''hotel''.
Une grande variété d'oiseaux nous a récompensé de nos efforts :
- huitriers pie
- hérons cendrés
- aigrettes
- cormorans
- barges noire ou rousse ? (des doutes subsistent sur l'identification)
- courlis cendré
- bernaches cravant (en plus grand nombre)
Le plaisir des yeux comblé, nous avons regagné le bord sans encombre avant de se faire rattraper par l'eau qui montait à vue d'oeil (coefficient de marée 99). Voilà un après-midi bien rempli, marche au grand air et plaisir de partager un moment de découverte. Chacun semblait content, nous devrons maintenant attendre la saison 2009 pour nous retrouver sur le terrain...