Pour cette première sortie de l'année, Eric est épaulé par M. Dufour, ex agent forestier de l'ONF, pour qui aucun chemin, sentier, ligne ou tranchée de la forêt n'a de secret.
Le crachin et le temps bouché n'ont pas découragé tous les participants.

Sur la plage Eric nous rappelle les différentes étapes de la formation des dunes côtières, ainsi que les plantes emblématiques qui les caractérisent :
- Haut de plage, qui correspond à la partie de la plage rarement recouverte par les marées, la roquette de mer (Cakile maritima) est l'une des seules plantes capables de coloniser un milieu aussi hostile,
- Dune embryonnaire, absente ici pour cause d'érosion marine accélérée, c'est le domaine du chiendent des sables,( Agropyrum junceum) qui grâce à ses racines commence à fixer le sable, et surtout du fait de sa végétation, ralentit le déplacement. du sable en formant une banquette. Autres plantes que l'on peut observer :le liseron soldanelle (Calystegia soldanella) et l'euphorbe maritime (Euphorbia paralias),
- Dune blanche (ou dune vive), ici l'oyat (Ammophila arenaria) règne en maître. C'est lui qui permet de faire grossir la dune, du fait de sa capacité d'émettre de nouvelles pousses quand il se retrouve enfoui sous le sable. Les végétaux de la dune embryonnaire sont aussi présents à ce niveau.

- Dune grise : Contrairement aux strates précédents où la dune est mobile, la dune grise est dite fixée. La végétation commence à être protégée du vent et des embruns. C'est le royaume de l'immortelle des sables (Helichrysum stoechas) au parfum caractéristique.
Tous ces végétaux se sont adaptés pour résister à la sécheresse : Système racinaire très développé (jusqu'à 3-4 mètres de profondeur), feuillage grisatre, feuille incurvée, etc ....
La plage n'a pas encore été nettoyée et les laisses de mer font des monticules impressionnants, colorés par des détritus plastiques. On s'aperçoit vite qu'une grande partie de ces déchets proviennent de l'ostréiculture. Eric nous signale que l'association la Navicule Bleue travaille sur un projet de récupération des poches plastiques servant à ventiler les tables afin de les nettoyer avant de les envoyer à une structure de recyclage.
Plus loin sur la plage, on fait face à l'érosion dunaire. Pendant l'hiver, la mer a encore avalé plusieurs mètres de dunes, dunes qui présentent maintenant une falaise verticale haute de quelques mètres, avec des dangers d'éboulements. Le phémoméne a bien sûr été accentué par les tempêtes Klaus et Quinten.
M. Dufour nous a indiqué avoir travaillé en forêt au niveau actuel de la bouée.
La visibilité s'étant un peu améliorée, on peut constater que la pointe de Gatseau sur l'Ile d'Oléron a elle aussi été attaquée. La sortie du pertuis de Maumusson continue de se rétrécir, on voit nettement les vagues qui déferlent sur toute la largeur.
La seconde partie de la promenade nous entraine en forêt.
Le printemps arrive, les pruneliers sont en fleur, les ajoncs précèdent les genêts. Sur ces derniers on peut déjà observer des "crachats de coucou" : ce sont les larves de la cicadelle écumeuse qui s'entourent d'un flocon d'écume produit à partir de la sève des plantes hôtes.

La faune se montre discrète, mais on peut observer de nombreuses empreintes, sangliers bien sûr, mais aussi chevreuils, lapins et blaireaux ( trou contenant les fèces de l'animal).
Il est temps de regagner le parking. Seul regret : que le soleil qui brillait si bien la veille n'ait pas voulu être de la partie.
D'autres photos dans l'album.