Il en faut plus pour empêcher un Breton des Côtes-d'Armor de dormir. Seulement, à force d'entendre son entourage lui conseiller de ne pas prendre l'incident à la légère, Patrick Le Guinio a fini par signaler à la brigade de gendarmerie nautique le courrier qu'il a reçu mi-février d'un anonyme « collectif pêcheurs presqu'île d'Arvert ». La conclusion de cette missive peu amène ? Des menaces très explicites.
Président de l'association des plaisanciers de Royan (APR), Patrick Le Guinio a fait voilà quelques semaines une proposition aux membres du conseil d'administration : revoir à la hausse la taille des maigres que les plaisanciers seraient autorisés à pêcher, « mais dans le seul cadre des deux concours que nous organisons chaque année », précise bien Patrick Le Guinio.
« Une règle interne »
Dans l'esprit d'une préservation de l'espèce, « tous les adhérents participant aux concours ont accepté cette nouvelle règle, strictement interne, je le rappelle ». Désormais, les adhérents de l'APR, lors de leurs concours, devraient rendre à son milieu naturel tout maigre d'une longueur inférieure à 45 cm. La disposition de « la petite bourgeoisie friquée de Royan », tel qu'il désigne l'APR, n'a pas eu l'heur de plaire au « collectif pêcheurs presqu'île d'Arvert ». Une commission, à laquelle participe le président de l'APR, réfléchit actuellement aux mesures nécessaires à la protection du maigre, en période de reproduction notamment. Pour les « pêcheurs » de la presqu'île d'Arvert, si les règles se durcissent à l'avenir, un seul coupable : l'APR : « Nous vous attribuons la paternité de toutes mesures discriminatoires envers les pêcheurs plaisanciers. »
Le « collectif » demande à Patrick Le Guinio « de laisser le pêcheur plaisancier être responsable de son comportement », se faisant, en conclusion, clairement menaçant : « Dans le cas contraire, nous prendrons à votre encontre des mesures qui vous feront comprendre que vouloir imposer une idée minoritaire à une majorité peut coûter très cher. » Patrick Le Guinio, plus « surpris » qu'inquiet, préférerait avoir un contact et une explication directs avec ses homologues de la presqu'île. Dans le cas contraire, lui aussi prendra peut-être les mesures - légales - pour faire cesser de telles menaces.