Une nombreuse assistance, rehaussée de la participation de Mme Régine JOLY, conseiller Régional, vice-présidente de la région Poitou Charentes, Mr Didier QUENTIN, député maire de ROYAN, Mr Jean Paul CORDONNIER, maire de VAUX sur Mer s'est retrouvée à la salle Equinoxe de Vaux sur Mer.
Jacques GERVAIS, d'une Pointe pour Tous a présenté la conférence en rappelant que 4 Gas poursuivait son objectif malgré la très forte opposition du public, les déboires administratifs et qu'il convenait d'entretenir la mobilisation sans relâche.
Gilbert CAROFF a tout d'abord démontré que
chaque cuve du projet 4 GAS correspondait à l'équivalent énergétique électrique de la centrale nucléaire du Blayais, soit 5% de la consommation électrique annuelle française !
Pourquoi vouloir faire au VERDON un stockage intermédiaire de GNL (Gaz Naturel Liquéfié) permettant un accroissement de 20 % de la consommation française actuelle de gaz naturel? Tout ceci, détruirait durablement les paysages du dernier estuaire français encore à peu près vierge industriellement et entraînerait une forte baisse de l'activité touristique, 1er atout économique de l'estuaire et de sa région.
Bernard DURAND a rappelé où et comment, les champs pétrolifères et gaziers sont exploités en détaillant le fait très important que la consommation mondiale continue de croître alors que le volume des ressources disponibles décroît; en effet, les efforts de recherches pourtant considérables, ne permettent plus de trouver que de faibles volumes dont les conditions d'exploitation sont de plus en plus difficiles (pétrole en mer profonde, sables bitumineux ...). Ces volumes ne représentent plus en année moyenne que le quart de la consommation. Cette situation ne peut conduire qu'à un accroissement des prix incontournable lié à une situation de pénurie et à des difficultés physiques croissantes d'exploitation.
De plus, les pays producteurs se réserveront ces ressources pour leurs propres besoins ce qui ne fera qu'anticiper les difficultés des pays non producteurs. C'est le cas de la France qui en dépend complètement comme de nombreux autres pays en Europe ou dans le monde.
Le "PEAK-OIL*" pétrolier sera atteint dans moins de 10 ans, mais parce que les pays producteurs se réservent une part de plus en plus grande de leur production, les quantités mises sur le marché mondial décroissent depuis 2007(on l'a vu sur les prix du baril en 2008).
De la même façon, le peak gas(*) est attendu en 2025 mais les quantités disponibles sur le marché mondial déclineront aux alentours de 2015.
(*) Peak : moment où la production est rejointe ou dépassée par la consommation, et ne peut que décliner.
Dans ces conditions, en France, investir à moyen terme, sur le gaz est un non sens économique, tous les efforts financiers devraient
se concentrer sur les économies d'énergies d'origine fossile : isolation des maisons, réduction des consommations des véhicules par la limitation des vitesses et le développement des véhicules hybrides, électriques, en complétant ces mesures par le développement des énergies renouvelables: électricité photo-voltaïque, énergie verte (bois, vent, biomasse, biocarburants), etc...
Il serait aujourd'hui, irresponsable de laisser croire que nous pouvons encore gaspiller une énergie d'origine fossile grâce à l'installation de nouveaux stockages!
En appliquant ces principes, il devient évident que nous pouvons réduire facilement nos consommations d'énergie fossile de 25% et donc nos émissions de CO2 dans les 5 à 10 ans qui viennent et de 50% dans 15 à 20 ans, en gardant le pétrole pour les utilisations incontournables tels le transport aérien; il est encore temps aujourd'hui de mettre en place grâce à la recherche, une société beaucoup plus sobre en énergie et utilisant plus largement" l'énergie verte ".
Dans cette hypothèse, les capacités actuelles de stockage sont suffisamment dimensionnées pour répondre à nos consommations futures !
Bien sûr, l'état doit fixer la direction à prendre et inciter chacun à la suivre par une politique d'aides et de prêts adaptés, de formation et d' interventions des professionnels. Chacun à son niveau, doit prendre la décision d'économiser cette énergie qui sera de plus en plus rare et chère (mesures indispensables à la sauvegarde de notre pouvoir d'achat).
Non, nous n'avons pas besoin d'un terminal méthanier au VERDON qui ferait de plus, peser de sérieux risques sur les rives de la Gironde : écologiques(dont la spécificité halieutique n'est plus à démontrer) et humains en cas d'accident.
Il nous appartient aussi, de faire en sorte de sortir de cette situation de crise.