Samedi 4 juillet 2009 : sortie estran rocheux sur Oléron
Coefficient de marée : 55 Marée basse à 9 h35
La sortie se déroule à la Menounière, sur la côte ouest de l’île d’Oléron, à proximité de La Cotinière.
Avant d’aller plus loin, une définition de l’estran s’impose : il s’agit de la zone du littoral régulièrement découverte et recouverte par la mer.
Dès l’arrivée sur la plage, des dépôts d’algues constituant la laisse de mer, sont visibles; ils sont composés d’algues échouées et correspondent au premier écosystème du littoral, car les débris d’algues servent de nourriture aux talitres (ou puces de mer), eux-mêmes la proie d’un oiseau : le tournepierre à collier. Mais, à certains endroits, des dépôts importants d’algues sont présents, et leur nécessaire élimination peut passer par leur valorisation (une étude est en cours, initiée par l’association I.O.D.D.E - Ile d’Oléron Développement Durable Environnement.
L’estran rocheux est découpé en 3 zones :
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l’étage supralittoral , dominé par les lichens, absents sur le secteur ; la transition avec l’étage suivant est marquée par le vert, lié à
la présence des entéromorphes et des ulves (ou laitues de mer).
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l’étage médiolittoral, lieu d’observation de nombreuses espèces, sur les rochers et dans les flaques :
# des algues vertes : entéromorphes et ulves.
# des algues brunes : le fucus ou varech vésiculeux, et le varech spiralé, désignés également sous le nom de goémon utilisé
depuis longtemps comme engrais en Bretagne; la sargasse, sans doute arrivée sur nos côtes avec les huîtres japonaises, est considérée comme une espèce invasive. Le varech denté (Fucus serratus) se trouve à la limite de l’étage suivant.
# des algues rouges, comme Chondrus crispus, de laquelle sont extraits les carraghénanes utilisés comme épaississants dans certains aliments (glaces et autres desserts à base de lait).
# des crustacés : crevettes et crabe vert ou crabe enragé, dont le plastron sous la carapace permet de reconnaître le mâle de la femelle; des crustacés particuliers : les balanes, forment des colonies de petits ‘volcans’ collés sur les rochers.
# des gastéropodes : les gibbules, de forme conique, les bigorneaux ou littorines, les patelles, qui sont tous des ‘brouteurs’ d’algues.
# des mollusques bivalves : huîtres et moules, fixés sur les rochers, et se nourrissant de phytoplancton, en filtrant l’eau.
# une anémone, l’actinie se présente sous la forme d’une masse visqueuse quand elle est hors de l’eau ; à marée haute, elle déploie ses tentacules rouges pour capturer petits poissons et crevettes dont elle se nourrit.
# un ver : l’arénicole dont la présence est signalée par des ‘tortillons’ visibles dans les espaces sableux ménagés entre les rochers.
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l’étage infralittoral, domaine des grandes algues brunes en lames : les laminaires.
Le coefficient de marée du jour ne permet pas d’accéder à cet étage; cependant, une laminaire digitée échouée a pu être étudiée :
à la base, un gros disque porte des crampons assurant son ancrage sur le substrat ; il est prolongé par une forte tige appelée stipe,
à l’extrémité duquel se trouvent les lames divisées composant le thalle ; des substances épaississantes et stabilisantes : les alginates,
sont extraites de ces algues, et sont utilisées dans les aliments et les peintures.
Ce tour d’horizon des espèces vivant sur l’estran rocheux, a permis de mettre en évidence la nécessité de préserver ce milieu,
où naît et se développe une grande partie de la vie marine. L’association I.O.D.D.E, citée plus haut, avec laquelle collabore ‘Natvert’,
s’est engagée dans une campagne d’information sur la réglementation de la pêche à pied, pour mettre fin au ‘pillage’ du littoral ; les
principales consignes sont évoquées :
- remettre en place les pierres retournées,
- respecter la taille minimale et la quantité des espèces prélevées,
- ne pas pêcher à moins de 25 mètres des parcs ostréicoles, ou des écluses à poissons …