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Nous étions une douzaine ce samedi 18 avril pour une double sortie de l’autre côté de l’estuaire de la Gironde.

La fin de matinée est consacrée aux oiseaux, l’après-midi à la visite du musée du phare du Verdon (voir le compte-rendu ici).

La traversée avec le bac s’effectue rapidement, le temps de constater que l’eau de la Gironde a toujours sa couleur caractéristique. Pas mal de morceaux de bois flottent dont on ignore la provenance.

Le camp d’observation de la migration des oiseaux de la LPO se situe à deux pas du débarcadère. Il faut néanmoins faire un peu d’exercice pour escalader la dune et rejoindre le camp.

camp d'observation   LPO de la migration au Verdon
Escalade de la dune du Verdon

Petit abri sommaire fait de quelques planches de bois pour protéger du vent dominant, longues vues pointées vers le ciel, pas de doute, c’est là.

Observatoire de la migration prénuptiale au Verdon

Une spotteuse de la LPO au camp du VerdonNous sommes accueillis par une jeune femme, salariée de la LPO, elle est en binôme avec un autre salarié. A eux deux, ils doivent assurer la surveillance du lever du soleil (7h20)  au coucher (20h45) sans interruption, quelque soient les conditions climatiques. Des bénévoles viennent leur prêter main forte. Qualité requise : une grande capacité d’observation, une bonne condition physique et bien sûr une parfaite connaissance des oiseaux.

La pointe de Grave est un endroit stratégique pour la migration des oiseaux. Au printemps ils remontent du sud, Espagne, Maroc, Afrique sub-saharienne pour rejoindre les lieux où ils vont se reproduire. Ils longent la côte Aquitaine et doivent franchir l’obstacle de la Gironde.

Pour les goélands bruns, pas de soucis, ils traversent au large, mais pour les petits passereaux, l’aventure est périlleuse et ils cherchent à minimiser la durée de vol au-dessus de l’eau. Certains choisissent même de traverser beaucoup plus bas, telles les gorgebleues qui descendent jusqu’à Mortagne.

Mais pourquoi migrent-ils ? Ce n’est pas la chute des températures qui déclenche la migration d’automne, mais le manque de nourriture. Les oiseaux, et c’est particulièrement vrai pour les insectivores,  doivent regagner des territoires où ils pourront se nourrir pendant l’hiver. Mais alors, pourquoi au printemps quitter ces lieux où la nourriture abonde ? Les conditions saisonnières peuvent réduire à néant cette abondance, et de plus il n’y aurait pas assez de nourriture pour subvenir aux besoins de tous les oiseaux y compris les jeunes de l’année.

Il faut noter que tous les oiseaux ne migrent pas, un petit pourcentage reste sur place à l’automne. Le peu de nourriture disponible peut leur suffire. C’est un pari risqué, s’ils gagnent ils pourront choisir les meilleurs sites de reproduction, mais si l’hiver se fait trop rigoureux, avec de longues périodes sans dégel, c’est la mort assurée.

Pour les passereaux des jardins, les mangeoires vont les aider à franchir le cap, mais attention, il ne faut pas nourrir trop tôt pour ne pas dissuader les oiseaux de partir en migration, ni trop tard pour que les jeunes apprennent à chercher leur nourriture ailleurs qu’au self-service de votre jardin.

 Le camp de migration est actif de début mars à début juin. Les oiseaux qui passent sont identifiés et comptés. Le suivi se fait simultanément sur plusieurs sites en France et en Europe. Le site de la pointe de Grave est actif depuis 35 ans, ce qui permet de faire des statistiques et d’en tirer des tendances, chose qui n’est pas possible sur deux ou trois ans, compte tenu de la variabilité des conditions climatiques notamment.

Toutes les données sont saisies informatiquement sur le site migration.net. Les spotteurs disposent d’une application sur leur téléphone pour saisir très rapidement les données. Vous pouvez consulter tous les oiseaux qui sont passés le 18 avril ici, par exemple.

Pour notre part, nous avons surtout vu des hirondelles, rustiques, de fenêtre, de rivage, et les premiers martinets, qui frôlent la dune avant de s’élancer vers Royan, toujours au ras des flots, nous en verrons au retour doubler le bac.

Quelques rapaces, des faucons crécerelle, des faucons hobereaux, des milans noirs. Une spatule nous fait le plaisir de passer au-dessus de nous.

Et puis beaucoup de passereaux. Là il faut toute l’expérience des spotteurs pour identifier l’espèce. Première indication le type de vol, ondulant chez la linotte mélodieuse, ensuite la silhouette de l’oiseau, ses cris, par exemple le seul critère pour différencier le pipit farlouse du pipit des arbres. Également une caractéristique du plumage : le jaune du chardonneret, l’orange du faucon hobereaux, la marque blanche sur l’aile du pinson des arbres, etc …

Au fil des jours, les espèces se succèdent, premier passage pour les tourterelles des bois par exemple.

Une tourterelle des bois dans la lunetteA ce propos, le site de la Pointe de Graves était traditionnellement un haut lieu du braconnage de la tourterelle. A force de discussions, manifestations, il n’y a plus de chasse pendant la migration prénuptiale : on ne doit pas tuer les oiseaux avant qu’ils n’aient pu se reproduire.

Par contre la chasse est toujours présente lors de la migration post-nuptiale à l’automne. Là nos spotteurs, qui vont prendre leurs quartiers de fin d’été dans les cols des Pyrénées, vont devoir ajouter à leurs relevés deux autres colonnes, celle des coups de fusil, et celle des oiseaux abattus.

Souhaitons leur bon courage et tous nos remerciements pour cet accueil sympathique.


Date de création : 28/04/2015 17:15
Dernière modification : 28/04/2015 17:15
Catégorie : - CR Sorties Nature
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Réactions à cet article

Réaction n°1 

par Viviane le 04/05/2015 10:03

Merci pour ce très bon article dont les commentaires détaillés et intéressants ne manqueront pas d'interpeler tous les vrais passionnés des oiseaux.

Viviane