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C'est à Fabien Mercier, naturaliste ornithologue et chargé de programmes à la LPO que nous avons demandé de venir nous présenter cet écosystème fort méconnu.

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Pour beaucoup les laisses de mer ce sont ces tas d'algues que l'on rencontrait il y a quelques années sur les plages. En fait c'est beaucoup plus que ça, Fabien va nous le montrer au cours de cette soirée.

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Qu'entend-on par laisses de mer ? Ce sont tous les débris végétaux, animaux laissés sur le littoral par les actions des marées, du vent et des vagues. De loin on ne voit qu'une ceinture d'algues. C'est un habitat classé intérêt communautaire pour la préservation de la biodiversité. C'est un milieu mouvant qui va et vient au gré de la marée.

Que peut -on trouver dans les laisses ? des algues, surtout brunes dans notre région, du bois flotté, mais pas que. Fabien passe une série de photos devinettes.  

Des oeufs ou des capsules d'oeufs, de seiche, de bulot, de raie, de lièvre de mer..., des méduses, des ophiures, espèce voisine des étoiles de mer, des plumes signant la présence au large d'oiseaux en période de mue (macreuses brunes en fin d'été au large de la côte sauvage), et aussi souvent des cadavres.

Dauphin mort, plus rare carapace de tortue luth. L'hiver 2013- 2014 s'est caractérisé par une multitude d'alcidés morts ou épuisés sur nos plages. La succession incessante de tempêtes leur a été fatale, sans doute en déplaçant les oiseaux de leurs lieux de pêche où le poisson est présent vers des zones désertiques, sans ressource alimentaire. C'est ainsi que se sont retrouvés à la côte des oiseaux pélagiques que l'on ne voit quasiment jamais : macareux moine, pingouin torda, guillemot de troïl et mouettes tridactyles.

Et puis bien sûr une grosse quantité de déchets humains, provenant pour partie de la pêche et de l'ostréiculture.

Ce milieu particulier a au moins deux fonctions écologiques. C'est un écosystème à part entière, et c'est une protection naturelle contre l'érosion.

Toute  une microfaune détritivore s'affaire la nuit à transformer ces cadavres en sels nutritifs. Petits crustacés ou insectes, ils seront à leur tour dévorés par d'autres insectes, crustacés ou poissons. Les sels nutritifs permettront quant à eux à une flore caractéristique du haut de plage de s'installer : cakilier maritime, pourpier de mer, liseron de mer, chiendent vont fixer le sable et  favoriser la croissance d'une dune embryonnaire. 

Les sels nutritifs sont aussi absorbés par le phytoplancton qui a son tour attirera les coquillages et les arénicoles. Les limicoles en se nourrissant sur l'estran viendront clore cette chaîne alimentaire.

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Certains oiseaux se nourrissent plus particulièrement dans les laisses. Chez nous il est possible de voir les bécasseaux sanderling qui courent au bord de l'eau, les barges rousses en hivernage. En halte migratoire le rare courlis corlieu, plus petit que son homologue cendré, et le traquet motteux facilement repérable avec son croupion blanc.Un petit passereau fréquente aussi les laisses, il s'agit du pipit farlouse. Enfin, les corneilles jouent souvent le rôle de charognards.

Il est un oiseau qui utilise encore différemment ce milieu. Le petit gravelot à collier interrompu niche carrément sur les hauts de plage. Les oeufs sont déposés à même le sable. Sachant que l'incubation dure 4 semaines et que les poussins, si ils quittent le nid immédiatement, ne peuvent s'envoler qu'au bout d'une trentaine de jours, on imagine la fragilité de cette espèce. Nous avons une trentaine de couples sur le département, notamment sur la côte sauvage. Le nettoyage des plages, la fréquentation touristique leur laissent peu de chance.

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Alors que faire pour faire prendre conscience au public et aux collectivités locales de l'importance de ce milieu ?

Fabien et la LPO ont mis en place un programme, exposition, plaquettes de présentation, rencontres avec les élus et les usagers des plages, sorties ludiques avec les enfants, organisation  de chantiers de nettoyage manuel, tout cela pour convaincre qu'il faut agir différemment, limiter  au maximum le nettoyage mécanique, faire prendre conscience aux usagers de la mer, mais aussi à nous tous, qu'il faut réduire les déchets, savoir partager l'espace, enfin se réapproprier ce paysage qui a déjà disparu de nos cités balnéaires.

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Fabien rappelle qu'il existe des sites participatifs pour communiquer les observations que l'on peut faire au cours de promenades :

Tous nos remerciements à Fabien, et rendez vous pour un prochain chantier de nettoyage sans doute en octobre.

Les planches qui illustrent ce article sont issues de la plaquette préparée par Fabien Mercier et diffusée par la LPO.


Date de création : 20/09/2015 18:16
Dernière modification : 20/09/2015 18:16
Catégorie : - Conférences
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Réactions à cet article

Réaction n°1 

par Alvertonne le 03/10/2015 14:38

Un grand merci à Fabien, qui a su nous montrer avec beaucoup de conviction toutes les vies qui sont présentes dans ces "laisses" , des "laisser pour compte" sur la plage...