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La faune de l’ile d’Oléron et de la forêt de la Coubre

Jean Marc Thirion et Christian Bavoux

Nos conférenciers

Deux conférenciers pour nous présenter tous les animaux petits ou grands qui peuplent les forêts, deux experts de la faune, Jean Marc Thirion, éthologue, directeur d’Obios, et Christian Bavoux, directeur du Marais aux oiseaux à Oléron.

Amphibiens et reptiles, les mal aimés.

Après une brève présentation de nos forêts et des perturbations de la faune dues à la fréquentation très importante des milieux, Jean Marc commence à nous parler des amphibiens, le très discret triton marbré, la jolie rainette méridionale, les grenouilles vertes et leurs multiples sous espèces et hybrides.

Le crapaud commun ou variqueux  est aussi est un animal forestier qui adapte sa couleur à son milieu. En fin d’hiver les crapauds migrent vers des plans d’eau pour la reproduction et là c’est le drame si leur périple traverse une route un tant soit peu fréquentée. Des études ont été faites pour connaître leurs mouvements et pouvoir placer des crapauducs aux endroits adéquats.

Autre batracien qui passionne Jean Marc : le pélobate cultiprède ou crapaud à couteaux ne sort qu’à la nuit profonde, reste enfui le reste du temps et ne se manifeste que par des cris quasiment inaudibles pour nos oreilles. C’est sur l’ile d’Oléron qu’il y a la plus importante population de l’ouest atlantique. C’est une espèce très menacée, classée en liste rouge.

Tous les têtards des amphibiens sont victimes des écrevisses de Louisiane, espèce invasives.

L’orvet est devenu extrêmement rare, sauf sur l’ile d’Oléron. Les pesticides sont certainement responsables de sa disparition. Son domaine vital est très réduit :  170m2.

Passons aux reptiles :

Le très commun lézard des murailles que tout le monde connait. Celui-ci n’a pas hiberné cet hiver.

 Le lézard vert, moins commun, apprécie les parcelles dénudées après une coupe.

Emblématique de l’ile d’Oléron :  Le beau  lézard ocelé qui peut atteindre jusqu’à 70 cm de long. Environ 400 individus peuplent l’ile.  Il n’y en a pas sur la presqu’île d’Arvert. Son habitat est la dune grise et il cohabite avec le lapin de garenne dans les terriers. Le retrait du trait de côte et un problème de dysfonctionnement d’une  station d’épuration a conduit l’ONF à installer des terriers artificiels qui fonctionnent bien. Il est insectivore et frugivore.

lézards ocelés

Passons aux serpents : la coronelle girondine, très beau serpent, plutôt méditerranéen, sort au crépuscule pour manger des lézards . La couleuvre à collier est aussi très forestière. Les jeunes la première année sont liés au point d’eau près duquel ils sont nés. La couleuvre verte et jaune a colonisé l’ile d’Oléron. Christian Bavoux en profite pour rire des rumeurs sur les lâchers de serpent, en hélicoptère, s’il vous plait..

La vipère aspic, d’aspect bien différent, est très présente sur l’ile et très rare sur la presqu’île. Les morsures ont souvent lieu par contact direct, notamment pendant la cueillette des champignons.

Dans les trous d’eau en forêt on trouve encore des cistudes. Elles étaient très abondantes dans le passé, on a retrouvé des carapaces dans des restes de repas au moulin du Fâ. En plus de la disparition de leur biotope, elles doivent faire face à l’invasion des tortues de Floride ou même des tortues alligators très dangereuses. Et c’est grâce à l’action de préservation et de gestion des milieux des syndicats de marais doux qu’on peut encore en voir aujourd’hui.

Oiseaux

Nous avons déjà eu une présentation des oiseaux forestiers par la lpo. Christian Bavoux met en lumière l’importance des sites de nidification, surtout pour les oiseaux cavernicoles. C’est une lutte sans merci entre eux pour occuper une cavité.

Interdépendance des espèces :  le geai peut manger les œufs des éperviers qui eux-mêmes peuvent prédater le geai adulte. Après la période glaciaire, c’est grâce au geai que la forêt a pu progresser de quelques dizaines de mètres, avec son habitude de déplacer et cacher des glands.

Geai

Sitelle, grimpereau, torcol, et pics : ce sont aussi des oiseaux typiquement forestiers. La densité de pics épeiche est de 5 couples au km2. Ce sont eux qui vont creuser des loges qui seront utilisées par d’autres espèces. Surprenant aussi : le pic épeiche n’est pas gêné par la résine. Une hypothèse est que leur salive neutralise la résine, mais aucune étude n’est venue la conforter. Dommage …Même chose pour la façon dont les pics décortiquent les cônes de pins maritimes. Vu la taille des pommes de pin, ils pratiquent différemment de leurs habitats habituels dans les forêts de pin Sylvestre.

La signature du Pic Epeiche

Il faut aussi mentionner deux superbes oiseaux : le loriot, présent en été, et la huppe fasciée.

Les palombes, nom local du pigeon ramier, se sédentarisent de plus en plus et passent l’hiver chez nous

Le coucou très astucieux adapte la couleur des es œufs   pour mieux tromper les propriétaires du nid.

Quelques oiseaux que l’on peut trouver dans les trous d’eau : le rare râle d’eau, le foulque, le grèbe castagneux, le tadorne de Bellon. À ce propos, il ne faut pas ramasser systématiquement les poussins, la mère est bien souvent tout près. Christian Bavoux en profite aussi pour tordre le cou à une idée reçue : non, la mère n’abandonnera pas ses petits parce qu’ils auraient été touchés par l’homme. Pour preuve, les bagueurs du Museum naturel ne mettent pas de gants pour baguer les oisillons dans les nids.

Il ne faut pas oublier  l’engoulevent, oiseau nocturne, que l’on peut entendre dans la forêt de la Coubre. Il chasse les insectes. Les nids au sol peuvent être détruits par les sangliers.

Le héron cendré niche dans les arbres en bordure de zones de marais. Il devrait être mieux apprécié du monde rural car il se nourrit non seulement d’écrevisses de Louisiane mais aussi de campagnols et autres micro mammifères. On reconnaît un héron nicheur à la couleur orangée de son bec.

Les rapaces régulent leur population en fonction de la disponibilité des proies. Faucon crécerelle, épervier, autour des palombes, buse appelée la cossarde … plus rare la bondrée apivore, le circaète Jean le blanc.  Ces grands rapaces ont besoin de zones de grands arbres dispersées sur le territoire, ce qui malheureusement n’est pas en accord avec la gestion d’une forêt de production.

Un peu plus fréquent : le Milan noir et le busard des roseaux.

L'auditoire captivé

Autre mystère du monde animal, comment les jeunes chevêches d’Athéna peuvent-elles survivre dans la puanteur et la saleté de leur nid et en sortir avec un plumage immaculé ?

Pas de hulottes sur l’ile d’Oléron, mais elle est bien présente dans la forêt de la Coubre. Qui n’a pas entendu son chant ?

Les jeunes moyen ducs ont aussi un cri perçant qui perturbe parfois les touristes...

Pourquoi faut il mettre deux nichoirs cote à cote pour héberger les petits ducs ? Simplement parce qu’un seul nichoir est systématiquement squatté par un couple d’étourneaux. Si il y en a deux, l’étourneau interdira à un autre couple de s’installer, par contre ne protestera pas si le petit duc prend possession du deuxième nichoir.

Les mammifères

En forêt les chauves-souris ne trouvent quasiment que des gîtes dans le bâti. L’oreillard aux grandes oreilles se nourrit de papillons nocturnes. Les sons très faibles sont émis par le museau, ce qui lui permet de manger tout en chassant.

Oreillards

Un rongeur qui attire irrésistiblement la sympathie : l'écureuil roux. Une étude a été faite par Jean Marc, aidé par les scouts sur la forêt de Suzac, Royan, Saint Georges de Didonne sur la densité de cônes de pin rongés pour estimer les populations d’écureuils. Il est apparu regrettable qu'aucun effort ne soit fait pour raccorder des noyaux de populations distincts.

Première mention de la martre en 1996 en forêt de la Coubre. Elle est en expansion dans le sud-ouest.

Petite vidéo d’une Genette, animal strictement nocturne, saisie par un piège photo.

Deux habitants des marais, le très commun ragondin et la loutre qu’on ne voit que rarement mais qui est bien présente.

Christian Bavoux en profite pour donner quelques conseils de sagesse pour protéger un poulailler des attaques du renard : enterrer le grillage et faire un bas volet, et installer une guirlande avec allumage aléatoire.

Nos conférenciers

Le blaireau est absent de l’ile d’Oléron mais présent sur la presqu’île.

L’expansion du chevreuil sur tout le territoire de France est à l’origine du retour du loup. Christian Bavoux nous fait part de sa colère devant le nombre de jeunes chevreuils qui sont amenés au Centre de sauvegarde, soit-disant abandonnés ou bien parce qu’ils ont été caressés.

Un peu plus d’une centaine de cerfs peuplent la forêt de la Coubre, quelques rares specimen traversent le pertuis de Maumusson, mais les forêts d’Oléron sont trop exigües pour eux.

Dernier animal bien connu : le sanglier que certains peuvent confondre avec un ours ….

Tous nos remerciements à nos deux conférenciers qui nous ont montré avec humour la richesse de la faune en forêt. On ne peut que regretter que de par leurs mœurs souvent nocturnes ou du fait de la pression exercée par les chasseurs, celle-ci nous demeure bien souvent invisible et inaccessible.


Date de création : 01/05/2016 09:10
Dernière modification : 01/05/2016 09:10
Catégorie : - Conférences
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