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L'ONF avait invité deux adhérents de Natvert à participer à une soirée de comptage des cerfs dans le massif de la Coubre.

Article sud-ouest 11février2017

En voici le récit :

Annie :

Je n'y croyais pas ! J'avais tenté ma chance et participé au tirage au sort suite à un mail reçu de Natvert, association dont je suis membre depuis quelques années. L'ONF offrait une place, une seule place,  pour participer au comptage des cerfs en forêt de la Coubre. Quelle ne fut pas ma surprise quand Monique m'envoya un mail disant « vous avez été retenue » pour le 7 février !

Le 6 février, après quelques questions au sujet de la localisation de cette maison forestière des Roseaux où devait avoir lieu de rendez-vous à 19h30, je m'y suis rendue en repérage, j'ai trouvé un refuge très sympathique dans lequel quelques chasseurs revenaient d'une battue, le feu de cheminée était allumé.

Enfin le grand jour est arrivé et j'étais sur place vers 19h. Quelques messieurs s'y trouvaient déjà. Je me suis rapprochée de l'un d'eux, c'était Monsieur Denis, Président du GIC (groupement d'intérêt cynégétique) et Président de l'ACCA de La Tremblade. Grâce à lui j'ai pu mettre un nom et une fonction sur les autres messieurs présents, je dis bien Messieurs car en définitive, j'étais la seule femme ! Il y avait donc Monsieur Jean-Louis Goudstikker (Le Littoral Arvert), Monsieur Frétard (Président de l'ACCA des Mathes), Monsieur Lecompte (Président de l'ACCA Chaillevette) Monsieur Leyraud (adjudicataire d'un lot de chasse), Monsieur Philippe Lequeux (le contact ONF de Natvert), des représentants de l'ONF (Office National des Forêts) ainsi que des représentants de l'ONCFS (Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage). Il y a également le journaliste local de Sud Ouest.

Ces deux organismes sont assermentés et peuvent dès lors dresser procès-verbal contre l'incivilité, le braconnage, les débordements au niveau des promeneurs, VTT, cavaliers, engins motorisés et autres. Le personnel de l'ONCFS est armé constamment alors que le personnel de l'ONF ne l'est que dans certaines circonstances bien déterminées. Ils travaillent main dans la main pour la protection de la forêt, la gestion de cette dernière ainsi que des grands animaux. L'uniforme de l'ONF est vert, celui de l'ONCFS est gris.

Au fur et à mesure, tout le monde arrive, ils se connaissent tous, des poignées de mains s'échangent, on parle chasse évidemment, Yannick (Natvert) est arrivé aussi. Nous prenons quelques notes avant de partir.

20h : Le « chef » de l'ONF prend la parole et nous explique le déroulé de la soirée. Il nous fait un bref exposé pour nous expliquer plus en détail le but de ces trois soirées de comptage. Depuis 1990, ce comptage se fait tous les deux ans sur chaque fois trois jours, toujours à la même date et à la fin de la période de chasse. Nous allons parcourir le massif domanial ainsi que les propriétés avoisinantes avec l'accord de leurs propriétaires ou locataires.

L'intérêt de ce comptage est très important. Au fil des années, il permet, après dépouillement des relevés, d'établir la tendance de l'évolution de la population des grands animaux (cerfs, biches, chevreuils). Soit la population reste stable, soit elle diminue, soit elle augmente et des mesures sont prises en fonction. Néanmoins, malgré ces comptages, ils ne connaissent pas le % exact de la population.

Il y a deux comptages par an, l'un à ce moment ci de l'année, l'autre au moment du brame. Celui de février est basé sur la vue réelle de l'animal, l'autre, celle du brame, sur des points d'écoute. En effet, les cerfs sont très excités, agressifs, batailleurs, on ne les observe donc pas de près.

Les résultats de ces comptages sont un indicateur qui permet d'établir les plans de chasse pour l'année suivante, ces plans sont adaptés d'année en année. La chasse a un impact très important sur cette population, elle doit réguler car il n'y a pas de grands prédateurs dans nos forêts (contrairement à d'autres régions, d'autres contrées, d'autres pays où on trouve des lynxs, des loups et autres).

L'objectif est de trouver un bon équilibre et que ces animaux soient compatibles avec l'environnement et la production sylvicole.

Un exemple expliqué par un « locataire » : il y a des « enclos » et des « ex clos ». Dans les enclos ont fait des semis ou des plantations de jeunes pins d'un an, ces enclos sont entièrement fermés par des clôtures hautes ne permettant aucune intrusion. Par contre les « ex clos » sont, comme le nom l'indique, des endroits où on plante ou on sème et qui ne sont pas protégés. L'ONF et les locataires surveillent la croissance de ces jeunes plants et comparent leur évolution. S’ils constatent que tout est piétiné et saccagé dans les « ex clos » c'est qu'il y a beaucoup de passage (piétinement) et ils en déduisent que la population est devenue trop importante, il y a dès lors des mesures à prendre.

Une petite anecdote : un locataire a laissé des trous dans sa clôture, les sangliers y sont rentrés et ont tout labouré avec leurs défenses, son champs était donc prêt pour les semis et plantations…..pas besoin de rotobineuse ou autre engin mécanique).

C'est dans 4 véhicules 4x4 que nous allons prendre place. Dans la voiture : un chauffeur, deux compteurs, un copilote). A l'arrière du pick up, à l'air libre, deux messieurs pour tenir et orienter les phares. On va essayer de dénombrer le plus grand nombre possible d'animaux (type, âge, sexe) sachant que les animaux sont très furtifs et ne restent pas longtemps dans la lumière projetée par les phares.

Voilà, c'est le départ, des équipes ont été formées. Je fais partie de l'équipe de Monsieur Philippe Lequeux, de Monsieur Michel Joulin et de Guy (?). Le journaliste du Littoral et moi-même prenons place courageusement à l'arrière du véhicule (à l'air libre), il commence à pleuvoir mais nous sommes déterminés à essayer de faire des photos et de profiter de cette « promenade ». Le véhicule roule très lentement, les phares balaient la forêt, les massifs, les creux, les plaines, les chemins. Aucun animal en vue, nous sommes trempés et nos appareils photos ne servent à rien. Nous décidons donc de rentrer dans le véhicule et de continuer la promenade à l'abri. C'est une sage décision car finalement les occupants parlent beaucoup, abordent plein de sujets les plus intéressants les uns que les autres, échangent des idées, racontent des anecdotes. Michel et Guy sont locataires (bail 3-6-9-12 qu'ils renouvellement) de la parcelle sur laquelle nous circulons, ils en connaissent chaque arbre, son histoire, son âge. Ils nous font part de l'évolution de cette forêt et des modifications dans la végétation. Beaucoup de chênes verts ont été coupés, le bois a été vendu comme bois de chauffage. Des jeunes arbres ont repoussé mais les grands animaux mangent les têtes tendres et juteuses, empêchant ainsi la croissance. Les sous-bois sont envahis par les ronces.  Des taillis et des fourrés recouvrent le sol. Les essences ont changé. L'ONF et certains locataires/adjudicataires font des plantations de pins. L'ONF emploie les graines récoltées des pins locaux. Cela me fait penser à une promenade que nous avons faite il y a quelques années avec Pierre Dufour (?), pompier à la retraite, qui connaît cette forêt dans les moindres recoins et qui nous avait fait découvrir la « nurserie » et le lieu de récolte au sein de la forêt. Ces graines sont achetées principalement par Vilmorin.  J'en parle avec Monsieur Lequeux.

Le temps est en notre défaveur, Les animaux restent planqués. Soudain, une bécasse sort des fourrés et vient se poser à côté du véhicule. On s'arrête, elle a été attirée par les phares. On sort vite les appareils photos mais pfft elle s'est envolée. On a eu de la chance de la voir pendant quelques secondes.

La promenade se poursuit, nous guettons dans la lueur des phares, nous arrivons dans un endroit où nous aurons en principe plus de chance de pouvoir enfin apercevoir un animal. Un coup sec sur le toit, stop, on attend et c'est une biche qui avance là bas sur les hauteurs à gauche. C'est le moment de sortir les feuilles de comptage. Avec un marqueur rouge, le co pilote (Guy) indique dans le tableau adéquat le type d'animal aperçu (biche), le sexe (féminin évidemment), le lieu, l'heure. Sur la carte détaillée de la parcelle, on met une croix sur le lieu précis. Cette carte est quadrillée avec des références (un peu comme la carte de New York) pour une localisation très précise.

On repart, quelques mètres plus loin, un nouveau coup sur le toit. Cette fois ce sont trois chevreuils qui gambadent sur les hauteurs à droite, contrairement à la biche qui marche, eux ils sautillent et on aperçoit leur petite queue blanche.

On termine tout doucement et c'est encore un daguet qu'on apercevra avant de rentrer.

Il est maintenant 23h, nous arrivons au refuge. Nous sommes les premiers, Guy ravive le feu de bois, ouf nous allons pouvoir faire sécher nos vêtements et nous réchauffer.  Nous installons le buffet froid sur une grande table, on se sert un petit verre de vin et on papote en attendant les autres équipes qui arrivent. On fait un rapide point sur les observations, au total ce seront 27 animaux qui auront été recensés, c'est moins que d'habitude.

Quelques explications : la tempête qui a sévi juste avant le comptage. Les grands animaux fuient la forêt à cause du bruit que le vent provoque dans les arbres et se réfugient vers la côte où il fait plus paisible. Le mauvais temps, les animaux bougent moins.

Certains suggèrent de ne plus faire ce comptage le lendemain de la chasse. Les animaux ont été affolés par les battues, repoussés par les chiens.

Pour le reste tous les intéressés vont se concerter pour en connaître les causes

Quant aux mouvements des animaux en général : le chevreuil et la biche mangent toutes les deux heures, ils se déplacent donc pour trouver leur nourriture, manger et vont se reposer pour digérer. Ils bougent donc 24h/24. Les cerfs, eux, mangent une seule fois et digèrent lentement pendant plusieurs heures. Ils bougent donc moins en dehors des heures de repas.

Tout le monde est là, on lève son verre pour remercier tout le monde, c'est le moment de reprendre des forces. Le repas est offert par la fédération et les chasseurs. Au menu plats froids, plateau de fromage et gâteaux.

Un tout grand merci à Natvert, à Monsieur Lequeux et à l'ONF, à l'ONCFS, aux chasseurs, aux éclaireurs. Grâce à eux j'ai passé une très belle soirée instructive et chaleureuse.

Yannick

Nous avions rendez-vous à 19h30 à la maison forestière des Roseaux.

Nous nous retrouvions avec des personnes de l'Office Nationaldes Forêts, des membres de la Fédération des Chasseurs, deux journalistes(Sud-Ouest, le Littoral) et deux adhérents de NATVERT, Annick et moi-même

.Les discussions allaient  de part et d'autre dans cette grande salle où la bonne ambiance régnait près d'un bon feu de cheminée.Les responsables de l'O.N.F. et de la Fédération des chasseurs prenaient la parole chacun à leur tour en nous expliquant le déroulement de la soirée.Nous étions une bonne vingtaine de personnes (une seule femme parmi tous ces hommes) à écouter leur discours.

Le comptage se fait sur trois soirées entre le lundi et le mercredi tous les deux ans depuis 1990 et toujours à la même période.Le massif de la forêt est divisé en trois zones plus les parties privées. Cette opération importante permet d'observer le nombre d'animaux, ce qui donne une tendance quant à la population des animaux (augmentation, stabilisation,ou diminution).Un second comptage se fait aussi au moment du brame, ce qui donne un suivi pour le plan de chasse. Ce qui fait que les deux indicateurs cumulés permettent de connaître les tendances pour les prélèvements pour les chasseurs.Il faut obtenir un indicateur pour l'évolution des animaux au sein de la forêt,on sait qu'ils sont présents, mais on ne connaît pas le nombre.

Le plan de gestion qui a été laissé en sommeil est reparti grâce à la régénération de la forêt.

L'embarquement s'est fait dans les véhicules, avec un chauffeur, un co-pilote notant les animaux vus, deux passagers et deux personnes dans la caisse avec des projecteurs éclairant la forêt à notre passage.Il s'agissait surtout de compter les grands cervidés, ce qui ne fût pas aisé du fait de leur éloignement et de la pluie qui nous a gâché la soirée.

Cette pratique de comptage est effectuée sur les grands massifs en France,on ne parle pas de comptage mais d'indicateur.

Le départ s'est fait vers 20h15 de la Maison Forestière des Roseaux d'où sont partis les quatre véhicules.Le véhicule dans lequel j'étais s'est dirigé vers la Tranchée de la Cèpe, la tranchée des Brisquettes, le chemin du Mino, la Pointe Espagnole, Maumusson, la Bouverie, et retour par les Brisquettes. Cette soirée s'est terminée sous la pluie vers 23h00, riche en informations,avec la traditionnelle photo et un repas froid offert par la Fédération des Chasseurs.

En ce qui me concerne, avec les autres personnes nous avons aperçu une vingtaine de cervidés et deux sangliers.

Malheureusement, vu la météo et l'éloignement des animaux, nous n'avons pas pu les photographier, mais nous avons relevé les endroits où nous espérons les revoir en journée.

Merci à tous les intervenants et à bientôt en forêt....


Date de création : 11/02/2017 16:35
Dernière modification : 11/02/2017 16:35
Catégorie : - Chasse
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