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Cette année, Natvert avait décidé de s'associer à la manifestation la Fête des Mares organisée par la SNPN. Qui mieux que Jean Marc Thirion, spécialiste des amphibiens et grand connaisseur de ces milieux, pour encadrer cette matinée,  et quel endroit plus propice que le domaine de la Ferme des Goumoines  au coeur de la forêt de Bouffard, avec ses nombreux plans d'eau choyés par le propriétaire Claude Charles ?

Jean Marc rappelle en introduction que les mares ont pendant longtemps fait partie du paysage de proximité de l'homme. Elles ont eu jusqu'à la moitié du vingtième siècle un rôle majeur dans les fermes : vivier à poissons pour la nourriture (la notion de poisson englobant les cistudes (faucharde en charentais) et les gros têtards, abreuvoir pour les animaux, zone de culture pour le cresson ... Elles ont toujours une utilité pour les réserves incendie ou cynégétique. Et elles gardent un rôle pédagogique comme nous allons le voir, c'est un microcosme très riche et insoupçonné.

L'époque du remembrement dans les années 60-70 a vu la disparition de 90% d'entre elles, il en resterait environ un million. Avec les étangs cela représente 30 % des eaux stagnantes dans le monde.

Mais qu'est ce qu'on appelle une mare et comment la caractérise t-on ? C'est ce que vont nous montrer Julie et Jean-Marc en nous rapprochant d'une première étendue d'eau,

Mare des Goumoines

Jean-Marc et Julie commencent par mesurer  le plan d'eau. Pour avoir droit à l'appellation mare, la surface ne doit pas dépasser 2000 m2. La turbidité est analysée avec un tube de mesure spécifique. Dans notre cas la mesure révèle une turbidité très faible, ce que confirmera à l'oeil nu la limpidité de l'eau dans les prélèvements.

Mesure de turbidité

Reste à mesurer la profondeur : un peu moins d'un mètre dont la moitié en sédiments vaseux. Le substrat est sableux.

Un milieu particulièrement favorable à un animal que Jean-Marc étudie depuis longtemps : le pélobate cultiprède, un petit crapaud qui a des airs de grenouille, et qui tient son qualificatif de la façon qu'il a de s'enterrer dans le sable en tournant sur lui-même et en creusant avec une griffe qu'il a sur la patte arrière.

Crédit photo JM Thirion

Jean-Marc ne tarde pas à repérer les gros têtards qui remontent à la surface. Quelques coups d'épuisette plus tard, la bestiole est sous nos yeux. Grosse surprise pour tous ceux qui n'imaginaient pas un têtard dépassant les 5 cm maxi. Quelques jours avant sa métamorphose il peut atteindre la taille d'une main, queue comprise.

Têtard de pélobate cultiprède

Les données de végétation sont aussi importantes pour caractériser la mare et en déduire quelles sont les espèces qui peuvent y vivre.  Le taux de couvert végétal est déterminé visuellement en référence avec des tables. 

Principalement deux types de végétation, les plantes héliophiles qui utilisent toute la colonne d'eau, les racines dans la vase et la tête au soleil, par exemple les massettes, le lycope d'Europe, la salicaire, les iris, le cresson ... , et les autres qui ne sont pas forcément enracinées dans la vase : renoncule aquatique, lentille d'eau ...

La présence de salicaire donne des informations sur le caractère temporaire de cette mare, ce que nous confirme Claude.

Jean-Marc et Julie poursuivent leur pêche avec une épuisette calibrée (maille 3-4 mm) et leurs prises se multiplient. Insectes (coléoptères, punaises d'eau, corises...), escargots, des physes, principale nourriture des cistudes, des vers de vase, chironomes, larves d'insectes à venir, des larves de libellules et bien sûr des têtards.

Têtard de rainette méridionale à la queue rayée que les spécialistes ne peuvent pas confondre, de grenouille agile, de crapaud épineux et de triton palmé. 

Rainette méridionale - crédit photo D. Ceylo

Nous nous déplaçons vers une nouvelle mare agrémentée de nénuphars, dont les feuilles font le bonheur des grenouilles vertes, enfin pas si vertes pour certaines ...

Mare des Goumoines

DSC03309_DxO.jpg Grenouille verte bleue -crédit photo D. Ceylo

Les plus chanceux d'entre nous auront pu apercevoir une cistude qui s'est vite dissimulée et un martin-pêcheur qui a vite pris la fuite.

Jean-Marc relèvera dans son filet une écrevisse de Louisiane, espèce invasive qui détruit la faune. Pas de pitié pour la bestiole, la loi impose de l'exterminer.

La matinée est bien entamée et les libellules sont de sortie. On pourra admirer le grand anax empereur et la délicate agrion Jouvancelle.

agrion_jouvancelle

Pour conclure cette matinée, Jean-Marc nous exhorte à transmettre aux enfants l'amour et le respect de cette nature sans laquelle nous ne serions rien.

Grand merci à l'équipe d'OBIOS et à notre hôte pour cette belle matinée qui a fait découvrir à beaucoup un monde insoupçonné.


Date de création : 05/06/2018 13:51
Dernière modification : 05/06/2018 13:51
Catégorie : CR Sorties Nature - CR Sorties Nature
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