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L’AULNAIE DU MONARD (commune de La Tremblade)

Sortie du 25 mai 2019 sous la conduite de Jean-Marc Thirion et Guy Estève

Au Moyen Âge, le Monard était désigné comme un estang. Il formait un diverticule de ce vaste marécage qui a aussi été appelé estang de Barbareu. Il devait s’agir en fait d’eau saumâtre puisqu’ils communiquaient avec la Seudre. Des dunes mobiles ont envahi la rive nord et le chenal qui évacuait les eaux (probablement le chenal de La Garde). L’exutoire  a dû être déplacé vers le sud et raccordé au chenal de Putet.

Tant qu’il fut en eau, on y pratiquait la pêche puis divers essais de cultures furent tentés. Au début des années 1820, son propriétaire l’assécha pour en faire une oseraie, tentative qui échoua. Un réseau de canaux creusés alors pour drainer ce Monard est bien visible sur le cadastre de 1829.

À l’origine, le grand domaine de Ronce s’étendait de la Pointe aux Herbes jusqu’à la balise du Galon d’Or. Il a été morcelé au cours des diverses ventes et successions. La propriété du Monard (61 ha), a été acquise au début des années 1920 par la famille Proust. Pendant 3 générations, au moins, on a rapporté comment les ostréiculteurs venaient tailler des perches d’aunes pour limiter leurs concessions en mer.

Elle fut vendue en 1993 à la ville de Royan qui l’échangea contre des terrains boisés domaniaux au sud-est de la forêt des Combots (futurs golf et club hippique). C’est ainsi que l’Office National des Forêts en devint propriétaire en 1996 et n’a depuis pratiqué aucune intervention sylvicole. Cette aulnaie de près de 40 ha a donc évolué librement donnant un site d’un intérêt exceptionnel inégalé en France.

1.jpgIl s’agit d’un peuplement quasi spécifique d’Aunes glutineux (aulnes, vernes ou vergnes) avec des frênes et plus rarement des ormes en bordures des chemins surélevés séparant les canaux (passes).

L’aune est une espèce caractéristique de zones humides dont l’eau est ici issue de sources au pied des dunes qui entourent ce Monard. Son bois imputrescible lui permet de se maintenir dans des milieux plus ou moins engorgés. Il est bien adapté aux variations de niveau : les racines sont étagées : certaines émergées, d’autres dans l’eau. Ces racines hébergent des microorganismes capables de fixer l’azote de l’air permettant à l’arbre de vivre dans des sols pauvres en matières minérales.

La Laiche paniculée présente également plusieurs niveaux. Elle forme des touffes, les touradous, dont la base est dans l’eau. Autres espèces caractéristiques, l’Iris des marais aux fleurs jaunes et une jolie petite fougère liée aux boisements humides, aulnaies en particulier (Fougère des marais).

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Sur le sol ferme, on peut cueillir quelques jeunes feuilles de l’Alliaire officinale aux petites fleurs blanches Consommées crues, ces feuilles agrémentent salades et crudités.

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On y rencontre la Grenouille agile dont les pontes sont fixées sur les plantes aquatiques. Des têtards ont été observés dans les canaux de drainage.

Fréquentant le bord des eaux, la Couleuvre à collier (sous-espèce helvétique dans notre région) chasse le jour (petits rongeurs, amphibiens, poissons…). Tenue entre les mains, elle ne mord pas.

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Non observée ce jour mais bien présente, la loutre fréquente l’aulnaie en hiver se nourrissant de grenouilles et d’Ecrevisse de Louisiane qui a aussi occupé cette zone humide si originale. Une petite population de Cistude d’Europe a également été identifiée.

Perchées sur les hautes herbes, les libellules au corps trapu se distinguent des demoiselles (ou agrions) dont l’abdomen étroit présente d’éclatantes couleurs métalliques.

Sur les frênes, un bel insecte bleu avec des taches noires, la Rosalie des Alpes est de la famille des capricornes. C’est une espèce entièrement protégée en France.

Fréquent dans ce boisement, le Tarin des aunes est un joli petit oiseau jaune vif dont le bec s’introduit facilement dans les cônes femelles de l’arbre pour y prélever les graines.

tarinAulnes.jpgColoré de jaune et noir aussi, le Loriot d’Europe est bien présent car il aime la proximité de l’eau. Cette agréable promenade dans l’aulnaie nous a déjà donné une bonne idée de sa biodiversité mais il y a encore beaucoup à découvrir.

Se pose aujourd’hui le problème de son avenir. Plusieurs éventualités se présentent :

  1. Poursuite de l’évolution libre, sans intervention humaine, qui permettrait, en particulier, de conserver les arbres morts susceptibles d’abriter une faune et une flore très diversifiées.
  2. Exploitation partielle du bois avec les difficultés liées à ce milieu : circulation des engins, évacuation des arbres exploités…Il faudrait aussi s’assurer que la régénération naturelle puisse permettre le renouvellement du peuplement.
  3. Création d’un boisement humide qui romprait avec la monotonie du peuplement actuel par de petites ouvertures et en laissant se développer un sous-bois.

Dans tous les cas se posera le problème de l’évacuation des eaux, l’exutoire ancien vers le chenal de Putet étant  en grande partie aujourd’hui en zone urbanisée.

Un grand merci à nos deux accompagnateurs qui nous ont fait découvrir un lieu exceptionnel !

Pour terminer, à deux pas du Monard, un arbre remarquable : platane hauteur : 18 m, diamètre : 1,70 m soit une circonférence de 5, 33 m !

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Date de création : 05/06/2019 11:07
Dernière modification : 05/06/2019 11:07
Catégorie : - CR Sorties Nature
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